Série <em>Abris</em>

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Il y a des lieux que l’on oublie, où l’on passe sans s’arrêter, qui en deviennent transparents. Des lieux purement fonctionnels, des lieux-machines inhabités : parking, gares, aéroports. Étudiés pour la circulation continue, s’y arrêter est louche, voire gênant. C’est le cas du terminus de la ligne B. On y est en suspens, entre deux déplacements, quelques minutes tout au plus, entre tram, train et automobile. On y est entre ville et forêt, la ligne de chemin de fer comme frontière. Hoenheim Gare apparaît comme un non-lieu, juste un entre-deux, une transition où l’on ne fait que passer.

Série <em>Abris</em>

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Pourtant si l’on s’arrête et que l’on observe, quelques indices attestent de la résistance au courant de quelques-uns. Des abris, construis au milieu du flux sont devenus invisibles. ( Ils sont pareils aux poissons qui derrière un rocher, au cœur du courant, trouvent une zone de calme plat où rien ne peut les perturber. )

On observe un phénomène similaire aéroport de Roissy, Terminal 2, où des centaines de sans-abris trouve refuge parfois plusieurs années dans cette zone où les voyageurs toujours en mouvements, dans un autre espace-temps, ne peuvent les voir.

Série <em>Abris</em>

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À Hoenheim gare on trouve une dizaine de cabanes réparties dans le bras de forêt entre la ville et le canal. Elles ont abrité pendant l’été quelques enfants venu jouer et de nombreux chasseurs, peut-être quelques sans-logis. Certaines sont bien visibles: entourées de grilles et construites solidement au bord du chemin ; d’autres sont discrètes: mirador de chasseur en lisière de forêt ; d’autres sont invisibles: dans la forêt, en ruine, ne laissant que quelques bois de construction, quelques tables désossées et des canettes vides.

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